Roman - Page 2

Publié le par Camille Butterfly


Je ne sais pas si j’ai les yeux ouverts ou pas, je ne sais pas combien de temps s’est enfui, je suis là sans aucun repère, j’arrive à peine à penser, je me laisse aller. Soudain la peau de mon épaule se hérisse. Elle lance l’alerte, mon cœur s’emballe, je suis aux aguets. Ça recommence, au niveau des pieds, une main me touche, j’ai peur, je voudrais me cacher, me protéger, ne serait-ce que sous un drap mais mon corps est complètement nu sanglé au lit. Je tente de contenir ma respiration pour être la plus discrète possible et peut-être me faire oublier, ou du moins passer inaperçue. Attitude complètement idiote dans cette situation mais les instincts de survie s’éveillent naturellement, évidemment placés dans un cadre inhabituel pour lequel ils n’ont pas été prêts à répondre, ils deviennent stupides, surtout que mon cœur tout excité commence à manquer d’oxygène. Un courant d’air me frôle la poitrine. On me touche les cheveux délicatement. Curieusement, je m’apaise apprivoisée.

Un éclat de lumière me sort de ma torpeur, je viens d’ouvrir les yeux. J’observe la pièce, je suis seule, personne, juste moi sur ce lit et le vide limité par les murs, la porte est close, l’horloge indique une heure vingt-cinq. Ma folie me joue des tours.

Mes paupières s'affaissent ne supportant plus la luminosité des néons. À nouveau la sensation bizarre d’une présence, elle me caresse encore les cheveux, c’est réconfortant. Je me sens pareille à une enfant se réfugiant dans les bras de sa mère. D'un coup, je me sens transportée à une vitesse inouïe dans un tourbillon, il fait noir, totalement noir, je vole à une vitesse même pas pensable, de plus en plus vite. Je me sens heureuse, je m’évade dans le néant. J’aperçois des formes blanches qui flottent, des fantômes ? Plutôt des fumées habitées qui me regardent passer, j’ai envie de m’arrêter, de les rencontrer, mais je ne contrôle plus rien, je suis comme un bolide lancé à pleine puissance sans frein. J’essaie de toute ma volonté de stopper, rien n’y fait, je suis aimantée par une force plus puissante, je prends peur, je voudrais que ça cesse. L’obscurité continue de défiler à la même rapidité.


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