Roman - Page 5

Publié le par Camille Butterfly


— Pourquoi dois-je prendre un autre chemin ?

— Tu as vécu une situation qui sert à alimenter ton savoir, te faire avancer dans ta connaissance, ta sagesse. Comme toutes les situations d’ailleurs, pas seulement celle-ci, mais il est vrai que cette dernière est un pas important dans ta vie, c’est une étape, et aveuglée, tu n’en as pas tiré ce qu’il fallait en apprendre.

— Et si je la loupe, je meurs ?

— Non.

— Alors qu’est-ce qu’il se passe ?

— Il est inutile de parler d’un échec puisque je suis là !

— Et si tu fais naufrage ?

— Tu ne m’en crois pas capable ?

Il s’est tout d’un coup sérieusement vexé.

— Ah ! J’ai touché ta fierté !

— Oui, j’ai aussi un caractère avec ses qualités et ses défauts. N’oublie pas que je suis comme ton double.

— Bon alors, qu’est-ce que je dois comprendre de cette fameuse étape ?

— Tu ne veux pas non plus que je fasse le travail à ta place ? Il n'y a que toi qui peut apprendre, c'est ton histoire. Moi je sais déjà, je suis juste ici pour te donner des pistes et t'aider. Me dit-il fièrement.

— Et d’abord, de quelle situation me parles-tu ? Mon internement chez les débiles ?

— Non, celle qui t’y a conduit.

Je me suis soudain sentie très mal, les souvenirs m’ont assaillie de toutes parts à la façon de petits monstres armés de couteaux déchiquetant mon corps en mille lambeaux, les yeux lacérés par leur cruauté sauvage…

— D’accord, d’accord, on s’arrête là ! C'est encore trop tôt apparemment, on va agir différemment.

— Laisse-moi tranquille !

Je hurlais, j’en avais assez, il ne m’amusait plus du tout.

Je ne sais pas très bien ce qu’il s’est passé ensuite, c’était comme si j’étais restée trop longtemps sous l’eau et que brusquement on m’avait sortie à l’air libre pour la première fois, prenant conscience de ce corps si lourd, et la gorge complètement comprimée, incapable de laisser pénétrer l’atmosphère nécessaire aux poumons. Je revenais d’un monde parallèle.
Le regard dans le vide, je ne comprenais plus rien, j’aurais voulu en finir, ne plus être là, j’aurais voulu être absente de la vie, je ne me supportais plus, finalement je me suis endormie avec mon blues.


Publicité

Publié dans Roman

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article