Roman - Page 8

Publié le par Camille Butterfly


Je me frappe violemment le front sur le mur pour éviter de déverser ma foudre sur le cuisto. Une tribu de gros bras m’aplatit au sol. Je ne résiste pas, d’ailleurs je m’étais déjà assommée toute seule. Ça y est, à nouveau les décharges et l’isoloir. C’est dommage, j’avais eu les mains libres tellement facilement. Cette fois, ça va être plus dur ! Quoi qu’ils ont l’air de faire confiance assez volontiers, ils devraient se méfier, car moi ça va, je suis sympa mais s’ils tombent sur un massacreur, c’est la vie de tous les patients de l’asile qui est en jeu alors qu’ils n’y sont pour rien. À se demander qui présente le plus de folie, les fous ou ceux qui les soignent ? Durant ma longue réflexion, dont je me foutais totalement d’ailleurs, sur l’attitude adoptée par la maison, parce que maintenant c’était ma demeure, ils m’ont transporté comme un sac de patates et branché les électrodes, c’est pour me guérir qu’ils disent ! Après tout, le cerveau n’est qu’un amas de fréquences électriques alors peut-être que quelques volts peuvent le revivifier, pourtant je n’ai pas l’impression qu’il soit à sa capacité maximale lorsque je sors de là, sûr qu’à des puissances trop élevées, il doit disjoncter, faudrait que je les prévienne quand même, qu’ils fassent gaffe…

— Aaaaaaah !

Trop tard…

De retour dans ma chambre, je suis fatiguée. Cette fois je crois que ça m’a calmé, d’ailleurs ils ne m’ont même pas isolée, je dois avoir une sale mine.

Les jours passent, je n’ai pas bougé du lit, on me nourrit à la petite cuillère. Ma colocataire de chambrée plus âgée m’espionne discrètement, tout en me laissant en paix, tandis que la musicienne ne bouge pas de son fauteuil absorbée dans ses murmures chantants.


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